
Dans une nouvelle alerte, le CEP estime que les règles qui encadrent la publicité ne s’appliquent plus de manière suffisamment homogène entre les médias traditionnels (TV, presse, radio, cinéma, affichage) et les plateformes numériques, alors même qu’ils sont désormais en concurrence directe pour les audiences et les investissements publicitaires.
Le Conseil souligne que les médias historiques sont soumis depuis longtemps à des obligations strictes (quotas publicitaires, contrôle préalable des campagnes TV, identification des contenus publicitaires, mesures d’audience, protection des mineurs, etc.), tandis que les plateformes bénéficient de cadres d’application souvent plus souples. Cette différence crée, selon le CEP, des asymétries concurrentielles qui fragilisent les médias producteurs de contenus.
Le CEP identifie plusieurs points de vigilance :
- un volume publicitaire potentiellement illimité sur les plateformes, contrairement aux médias audiovisuels ;
- une identification parfois moins claire des contenus publicitaires (brand content, influence, formats natifs) ;
- un contrôle principalement a posteriori, là où certains médias bénéficient d’un contrôle préalable ;
- des mesures d’audience hétérogènes, qui compliquent les comparaisons entre supports.
Au-delà de ces constats, l’alerte insiste sur les enjeux démocratiques et économiques. Pour le CEP, une publicité mieux régulée contribue à préserver la confiance du public, le pluralisme des médias et une concurrence plus équitable entre les différents acteurs.
Le Conseil formule enfin plusieurs recommandations, parmi lesquelles :
- renforcer la transparence des contenus publicitaires et des contenus de marque ;
- rapprocher progressivement les obligations des plateformes de celles des médias lorsqu’elles exercent des fonctions comparables ;
- généraliser des mesures d’audience indépendantes pour permettre des comparaisons fiables ;
- mieux accompagner les petits annonceurs et développer les bonnes pratiques en matière d’influence commerciale ;
- engager une réflexion sur un financement plus équilibré de l’autorégulation, incluant une contribution des grandes plateformes proportionnelle à leurs revenus publicitaires.
En conclusion, le CEP rappelle que la régulation de la publicité ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un facteur de confiance, de loyauté et d’équité. Son objectif n’est pas d’instaurer un traitement identique entre tous les supports, mais de veiller à ce que des situations comparables soient encadrées par des principes comparables, quel que soit le canal de diffusion.